Pénurie de dispositifs médicaux : ce que ça change pour les patients français
Ruptures d'approvisionnement, dépendance aux importations asiatiques, MDR européen. État des lieux d'une crise silencieuse et de ses conséquences pour les patients.
Une crise structurelle, pas conjoncturelle
Depuis 2022, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) signale chaque trimestre de nouvelles ruptures d’approvisionnement sur des dispositifs médicaux non substituables. Orthèses, attelles, consommables d’hôpital, équipements de bloc opératoire : la liste s’allonge. Là où le grand public a découvert le sujet avec les pénuries de paracétamol, les hospitaliers le subissent depuis bien plus longtemps.
Trois facteurs s’additionnent : une dépendance massive aux importations (60 à 80 % des DM consommés en France sont produits hors UE, principalement en Chine et au Pakistan), un règlement européen MDR 2017/745 qui a fait disparaître des centaines de petits fabricants européens incapables d’absorber les coûts de mise en conformité, et une logistique mondiale fragilisée par les tensions géopolitiques.
L’impact concret sur les patients
Les conséquences sont rarement visibles, mais bien réelles :
- Délais d’attente allongés en pharmacie sur certaines orthèses, en particulier les modèles spécifiques (sur mesure, tailles extrêmes).
- Substitutions imposées par défaut de stock, parfois vers des produits moins adaptés à l’indication initiale.
- Hausse des prix sur les marchés non régulés, partiellement absorbée par la Sécurité Sociale via la LPP.
- Perte de souveraineté : en cas de crise sanitaire ou de blocage logistique, le pays n’a plus de capacité de production résiduelle.
Les hôpitaux en première ligne
Les centrales d’achat hospitaliers (UGAP, RESAH) signalent depuis 2024 des difficultés croissantes à honorer leurs marchés. Le service biomédical des CHU est mobilisé pour identifier des fournisseurs de substitution, parfois moins qualifiés. Pour le patient hospitalisé, cela peut signifier : un modèle d’attelle inhabituel à la sortie, un retard de programmation pour une chirurgie elective, une orthèse de moindre qualité.
La France produit aujourd’hui moins de 20 % des dispositifs médicaux qu’elle consomme. C’était 60 % il y a vingt ans.
Le sursaut français
Face à ce constat, le plan « Souveraineté en santé » lancé fin 2023 prévoit de soutenir financièrement la relocalisation de la production de DM critiques. Des appels à projets BPI France ont permis à plusieurs ETI françaises de réinvestir dans leurs outils industriels. Le mouvement est lent mais réel : pour la première fois depuis 15 ans, la balance commerciale française sur les DM se redresse légèrement.
Choisir un fabricant français, un acte concret
Pour le patient, le choix d’un fabricant français reste l’un des leviers les plus directs pour soutenir cette dynamique. Gekomed conçoit et fabrique l’intégralité de sa gamme orthopédique en France, dans des ateliers qui maîtrisent chaque étape : du dessin technique à la couture, du contrôle qualité à l’expédition. C’est aussi la garantie d’une traçabilité totale, d’un service client réactif, et d’une matière première sélectionnée pour sa tenue dans le temps.