Kinésithérapie après prothèse de genou : les 12 semaines décisives
La pose d'une prothèse totale de genou (PTG) n'est que le début. Les trois premiers mois de rééducation déterminent le résultat fonctionnel à long terme.
L’opération, étape 1 sur 3
Chaque année en France, environ 100 000 prothèses totales de genou (PTG) sont posées. La technique opératoire s’est considérablement standardisée, et le résultat dépend désormais majoritairement de la qualité de la rééducation qui suit. Le patient devient acteur central de son résultat.
Semaines 1 à 3 : protection et mobilité précoce
Dès le lendemain de l’opération, la mobilisation passive et active commence. Les objectifs prioritaires :
- Récupérer 90° de flexion dans la première semaine
- Récupérer l’extension complète (0°)
- Apprendre à se lever, marcher avec deux cannes anglaises en appui partiel
- Lutter contre l’œdème par cryothérapie et drainage manuel
À ce stade, l’attelle d’immobilisation contrôlée prescrite à la sortie sécurise les positions et protège le montage. Elle se retire pour les séances de mobilisation et la toilette.
Semaines 4 à 8 : récupération de l’amplitude
L’objectif central : atteindre 120° de flexion à 8 semaines. Sans cette amplitude, la fonction (montée d’escalier, accroupissement, descente) reste limitée durablement. La séance type combine :
- Mobilisation active aidée par le kiné
- Exercices proprioceptifs sur plateau instable
- Travail musculaire isométrique du quadriceps
- Vélo d’appartement sans résistance dès que 110° atteints
Semaines 9 à 12 : reprise fonctionnelle
La période de consolidation. Reprise de la marche sans canne, début de réintégration sociale et professionnelle pour les métiers sédentaires. Travail sur :
- Endurance musculaire
- Stabilité unipodale
- Coordination intersegmentaire
- Préparation à la reprise de loisirs adaptés (marche, vélo, natation)
À 3 mois, un patient bien rééduqué a récupéré 80 % de sa fonction. À 6 mois, 90 %. À 12 mois, le résultat final est acquis.
Les erreurs à éviter
- Sauter des séances : la régularité prime sur l’intensité.
- Forcer dans la douleur : la douleur réveille les défenses musculaires et bloque la récupération.
- Arrêter trop tôt : la plupart des prescriptions kiné prévoient 30 à 50 séances. Tenir le programme jusqu’au bout.
- Négliger l’attelle les premiers jours : elle protège la cicatrisation profonde.
L’orthèse post-opératoire, un allié sous-utilisé
L’attelle de sortie d’hôpital, prescrite et inscrite à la LPP, est conçue pour les 3 à 6 premières semaines. Elle se règle progressivement en amplitude au fur et à mesure des progrès. Gekomed propose des attelles articulées calibrées pour le post-PTG, livrées en 24/48 h via Orthomedica, avec télétransmission pour éviter l’avance de frais.