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Arthrose du genou : comprendre la douleur, agir avant l’aggravation

L'arthrose du genou touche 30 % des plus de 65 ans en France. Mécanismes, signaux d'alerte et leviers concrets pour ralentir la dégradation.

3 min de lecture Par Flavie Berne

L’arthrose du genou en France : où en est-on ?

La gonarthrose, ou arthrose du genou, est la cause numéro un de douleur articulaire chronique chez l’adulte de plus de 50 ans. Selon les dernières données de la Société Française de Rhumatologie, près d’un Français sur trois passé 65 ans en présente des signes radiologiques, et la moitié d’entre eux ressentent une gêne quotidienne.

Le phénomène n’est pas une fatalité du grand âge. L’augmentation du surpoids, la sédentarité et les microtraumatismes sportifs répétés font apparaître les premiers symptômes de plus en plus tôt, parfois dès la quarantaine. La prévention secondaire, c’est-à-dire freiner la dégradation une fois le diagnostic posé, est devenue un enjeu de santé publique majeur.

Comprendre le mécanisme

L’arthrose résulte d’une dégradation progressive du cartilage qui recouvre les extrémités osseuses. À mesure que ce coussin amortisseur s’amincit, les surfaces osseuses entrent en contact direct lors des mouvements, ce qui déclenche douleur, inflammation et perte de mobilité.

Trois facteurs accélèrent le processus :

  • La surcharge mécanique : chaque kilo supplémentaire augmente la contrainte sur le genou de l’équivalent de trois à quatre kilos lors de la marche.
  • L’instabilité ligamentaire : un genou qui « lâche » sollicite anormalement les zones cartilagineuses.
  • La perte de masse musculaire, notamment du quadriceps, qui ne joue plus son rôle de stabilisateur.

Reconnaître les signaux d’alerte

L’arthrose s’installe en silence. Quelques signes qui doivent amener à consulter sans tarder :

  • Une douleur mécanique : qui apparaît à l’effort, soulagée par le repos.
  • Une raideur matinale courte (moins de 30 minutes), à différencier de l’arthrite.
  • Un gonflement épisodique, sensation de chaleur localisée.
  • Une perte progressive d’amplitude, surtout en flexion (s’accroupir devient difficile).

Diagnostiquée tôt, l’arthrose du genou peut être stabilisée durablement. Diagnostiquée tard, elle aboutit dans un cas sur cinq à une prothèse totale.

Les leviers qui fonctionnent

La prise en charge moderne combine plusieurs approches non chirurgicales, validées par les recommandations de la HAS :

  • Activité physique adaptée : vélo, natation, marche nordique. Contre-intuitivement, bouger soulage.
  • Renforcement du quadriceps : kinésithérapie ciblée, deux à trois séances par semaine.
  • Perte de poids : 5 % de poids en moins réduit la douleur de 30 % en moyenne.
  • Soutien externe du genou : une orthèse adaptée décharge la zone douloureuse et restaure la confiance dans le mouvement.

Et concrètement, pour se faire aider ?

Le port d’une genouillère ligamentaire ou rotulienne fait partie des recommandations de première intention dans l’arthrose modérée. Bien choisie, elle apporte un soutien mécanique, réduit la douleur en charge et permet de reprendre une activité quotidienne sans appréhension.

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